Le lundi 21 décembre, dans l'émission clin d'œil, FR3 a diffusé un reportage sur la crèche comtoise à Rougegoutte.    Lien vidéo FR3
Extrait de "La Vôge n°4" ;

La première représentation de la crèche a lieu en 1922 à l'initiative du curé Besançon dans un hangar de l'usine textile Hartmann, racheté par la paroisse. Le spectacle est donné chaque année jusqu'à la guerre. A partir de 1947,|es représentations annuelles sont données dans l'actuelle salle de la Cité. L'arrivée du curé Bermont à Rougegoutte (1951) entraine une nouvelle interruption. En effet, le prêtre goûte peu le spectacle et il faut près de dix ans pour le convaincre de l'intérêt qu'il représente. La reprise avec un grand succès a lieu en 1967. En 1969, pour éviter l'essoufflement du public et des acteurs, le rythme annuel est abandonné. La crèche dès lors est jouée tous les deux ans, les années impaires. Elle est reprise par une association laïque "La Rosemontoise".)
Ci contre Henri Schwalm dans le rôle du Compare.    

Dans sa version moderne, cette représentation en patois du piedmont vosgien a été montée à Rougegoutte de 1983 à 1997. Vingt acteurs dans les rôles principaux et une cinquantaine de participants pour les anges et les bergers.                       

Extrait de "La Vôge n°4"
La crèche recréée à Rougegoutte


    A la fin du siècle l'engouement pour la crèche comtoise se répand dans toute la Franche-Comté. Des spectacles sont donnés dans le Doubs, le Jura et la Haute-Saône. Le Territoire de Belfort est gagné plus tardivement et le succès est mitigé. A Belfort, à l'école Notre-Dame des Anges, la crèche ne dure pas. A Delle, c'est l'échec. A Lepuix-Gy en 1957, le Cercle théâtral n'obtient qu'un seul demi-succès avec la crèche, traduite en français.
    Le problème posé est celui de l'adaptation du spectacle au public local. La représentation textuelle de la crèche bisontine ne trouve aucun écho auprès d'un public qui ne comprend pas le patois de Besançon, les personnages, notamment Barbisier, ne représentant rien ou peu de chose pour les spectateurs. A l'inverse, l'adaptation peut dénaturer complètement la crèche. C'est le cas de la traduction française qui fait perdre au spectacle toute saveur.
    A Rougegoutte, la crèche a pu s'acclimater grâce à une adaptation basée sur un double respect, celui du texte et celui du public. En 1921/1922,le curé Besançon, fondateur du cercle Saint-Georges, adapte la crèche pour sa troupe.
    Tous les personnages de Besançon sont présents sur la scène de Rougegoutte. Mais le curé Besançon a fait un important travail d'adaptation du texte et du rôle de Barbisier. La langue utilisée est le patois - celui de Rougegoutte - pour Barbisier, sa femme la Naitoure et son camarade, le Compare. Les autres rôles sont en français. A une question française, réponse patoisante et vice-versa. Le contexte, la mise en scène et le jeu des acteurs aident toujours à comprendre le patois qui n'est plus un obstacle mais au contraire renforce le texte, d'autant qu'une partie du public comprend peu ou prou le parler local. Le second travail d'adaptation, plus délicat, porte sur la nature des personnages et tout particulièrement
sur le "héros" Barbisier. Celui-ci, de vigneron bisontin, est devenu un bûcheron de Rougegoutte et tous les lieux qu'il cite sont situés dans le village.
    Enfin, plus récemment la structure de la pièce est modifiée. Dans la crèche originale, à l'issue des deux actes qui la composent, le curé de la Madeleine, l'église de Battant à Besançon, prononce un sermon. En 1967, le texte, long et pesant, est intégré dans un troisième acte, créé pour l'occasion. Le curé est remplacé par Barbisier et son monologue précédé d'annonces qui constituent une satire de personnages du village. Ainsi le curé et le maire de l'époque subissent le persiflage de Barbisier.
    Toutes ces adaptations, sans dénaturer l'esprit et les grandes lignes, permettent d'ancrer solidement la pièce dans la réalité locale de notre époque. Les caractères des personnages et leurs idées sont universels, mais la crèche s'inscrit solidement dans le lieu et le temps. La réussite de cette évolution se traduit par le succès populaire du spectacle, succès qui ne s'est jamais démenti.
    La première représentation de la crèche a lieu en 1922 à l'initiative du curé Besançon dans un hangar de l'usine textile Hartmann, racheté par la paroisse. Le spectacle est donné chaque année jusqu'à la guerre. A partir de 1947,|es représentations annuelles sont données dans l'actuelle salle de la Cité. L'arrivée du curé Bermont à Rougegoutte (1951) entraine une nouvelle interruption. En effet, le prêtre goûte peu le spectacle et il faut près de dix ans pour le convaincre de l'intérêt qu'il représente. La reprise avec un grand succès a lieu en 1967. En 1969, pour éviter l'essoufflement du public et des acteurs, le rythme annuel est abandonné. La crèche dès lors est jouée tous les deux ans, les années impaires. Elle est reprise par une association laïque "La Rosemontoise".
    La crèche comtoise de Rougegoutte offre l'exemple assez rare d'un spectacle populaire qui, transplanté hors de son milieu d'origine, trouve une nouvelle légitimité dans son lieu d'accueil. L'introduction du français, l'évolution des costumes, des décors, de la mise en scène, la création d'un troisième acte sont des adaptations continues de la crèche dont le caractère spectaculaire est renforcé et qui reste proche du public.
    Le spectacle constitue maintenant, tel qu'il est, un élément important des traditions populaires de Rougegoutte. La pérénité de l'oeuvre loin du lieu de sa naissance était d'autant plus aisée que la crèche de Noël a un retentissement qui déborde largement le domaine religieux. Le mérite de la population de Rougegoutte n'en est pas moins grand d'avoir su adapter l'ouvrage sans le dénaturer.
La crèche recréée à Rougegoutte


    A la fin du siècle l'engouement pour la crèche comtoise se répand dans toute la Franche-Comté. Des spectacles sont donnés dans le Doubs, le Jura et la Haute-Saône. Le Territoire de Belfort est gagné plus tardivement et le succès est mitigé. A Belfort, à l'école Notre-Dame des Anges, la crèche ne dure pas. A Delle, c'est l'échec. A Lepuix-Gy en 1957, le Cercle théâtral n'obtient qu'un seul demi-succès avec la crèche, traduite en français.
    Le problème posé est celui de l'adaptation du spectacle au public local. La représentation textuelle de la crèche bisontine ne trouve aucun écho auprès d'un public qui ne comprend pas le patois de Besançon, les personnages, notamment Barbisier, ne représentant rien ou peu de chose pour les spectateurs. A l'inverse, l'adaptation peut dénaturer complètement la crèche. C'est le cas de la traduction française qui fait perdre au spectacle toute saveur.
    A Rougegoutte, la crèche a pu s'acclimater grâce à une adaptation basée sur un double respect, celui du texte et celui du public. En 1921/1922,le curé Besançon, fondateur du cercle Saint-Georges, adapte la crèche pour sa troupe.
    Tous les personnages de Besançon sont présents sur la scène de Rougegoutte. Mais le curé Besançon a fait un important travail d'adaptation du texte et du rôle de Barbisier. La langue utilisée est le patois - celui de Rougegoutte - pour Barbisier, sa femme la Naitoure et son camarade, le Compare. Les autres rôles sont en français. A une question française, réponse patoisante et vice-versa. Le contexte, la mise en scène et le jeu des acteurs aident toujours à comprendre le patois qui n'est plus un obstacle mais au contraire renforce le texte, d'autant qu'une partie du public comprend peu ou prou le parler local. Le second travail d'adaptation, plus délicat, porte sur la nature des personnages et tout particulièrement
sur le "héros" Barbisier. Celui-ci, de vigneron bisontin, est devenu un bûcheron de Rougegoutte et tous les lieux qu'il cite sont situés dans le village.
    Enfin, plus récemment la structure de la pièce est modifiée. Dans la crèche originale, à l'issue des deux actes qui la composent, le curé de la Madeleine, l'église de Battant à Besançon, prononce un sermon. En 1967, le texte, long et pesant, est intégré dans un troisième acte, créé pour l'occasion. Le curé est remplacé par Barbisier et son monologue précédé d'annonces qui constituent une satire de personnages du village. Ainsi le curé et le maire de l'époque subissent le persiflage de Barbisier.
    Toutes ces adaptations, sans dénaturer l'esprit et les grandes lignes, permettent d'ancrer solidement la pièce dans la réalité locale de notre époque. Les caractères des personnages et leurs idées sont universels, mais la crèche s'inscrit solidement dans le lieu et le temps. La réussite de cette évolution se traduit par le succès populaire du spectacle, succès qui ne s'est jamais démenti.
    La première représentation de la crèche a lieu en 1922 à l'initiative du curé Besançon dans un hangar de l'usine textile Hartmann, racheté par la paroisse. Le spectacle est donné chaque année jusqu'à la guerre. A partir de 1947,|es représentations annuelles sont données dans l'actuelle salle de la Cité. L'arrivée du curé Bermont à Rougegoutte (1951) entraine une nouvelle interruption. En effet, le prêtre goûte peu le spectacle et il faut près de dix ans pour le convaincre de l'intérêt qu'il représente. La reprise avec un grand succès a lieu en 1967. En 1969, pour éviter l'essoufflement du public et des acteurs, le rythme annuel est abandonné. La crèche dès lors est jouée tous les deux ans, les années impaires. Elle est reprise par une association laïque "La Rosemontoise".
    La crèche comtoise de Rougegoutte offre l'exemple assez rare d'un spectacle populaire qui, transplanté hors de son milieu d'origine, trouve une nouvelle légitimité dans son lieu d'accueil. L'introduction du français, l'évolution des costumes, des décors, de la mise en scène, la création d'un troisième acte sont des adaptations continues de la crèche dont le caractère spectaculaire est renforcé et qui reste proche du public.
    Le spectacle constitue maintenant, tel qu'il est, un élément important des traditions populaires de Rougegoutte. La pérénité de l'oeuvre loin du lieu de sa naissance était d'autant plus aisée que la crèche de Noël a un retentissement qui déborde largement le domaine religieux. Le mérite de la population de Rougegoutte n'en est pas moins grand d'avoir su adapter l'ouvrage sans le dénaturer.